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- Qui peut toucher la pension de réversion du régime général ?
- Comment demander la pension de réversion en ligne ?
- Comment obtenir le formulaire de réversion prérempli ?
- Combien rapporte la pension de réversion ?
- Comment le plafond de ressources réduit-il la pension de réversion ?
- Pourquoi la date de la demande de réversion pèse sur le montant perçu
Au décès d’un époux, une partie de sa retraite peut continuer à être versée au conjoint qui reste. Cette pension de réversion n’a rien d’automatique : sans demande du conjoint survivant, aucune caisse ne la verse, même lorsque l’administration connaît parfaitement la situation du foyer.
La démarche vient d’être allégée. Depuis mars 2026, l’Assurance retraite peut envoyer un formulaire en partie prérempli avec l’état civil et les revenus déjà connus, une évolution rappelée le 23 octobre par la fiche d’actualité de Service-public consacrée à la réversion. Reste à savoir qui peut prétendre à cette pension, comment la demander sans perdre de mois de versement et quel montant attendre réellement ?
Qui peut toucher la pension de réversion du régime général ?
Le conjoint survivant y a droit s’il était marié au défunt, a au moins 55 ans et dispose de moins de 25 001,60 € bruts de ressources par an s’il vit seul, ou 40 002,56 € en couple. Le défunt devait percevoir, ou pouvoir percevoir, une retraite de l’Assurance retraite. Les quatre conditions sont cumulatives :
- un mariage avec le défunt, le pacs et le concubinage n’ouvrant aucun droit ;
- un âge minimal de 55 ans, sauf pour les fonctionnaires, qui n’ont pas de condition d’âge ;
- des ressources inférieures au plafond, les revenus d’activité n’étant retenus qu’à hauteur de 70 % ;
- un défunt affilié au régime général, comme salarié du privé, indépendant ou contractuel du public.
Le divorce n’empêche rien : un ex-conjoint, même remarié, garde ses droits, et la pension est alors partagée au prorata de la durée de chaque mariage. Avant 55 ans, c’est l’allocation veuvage qu’il faut regarder.
Comment demander la pension de réversion en ligne ?
La voie la plus rapide passe par le site info-retraite, avec une connexion FranceConnect : une seule demande en ligne vaut pour tous les régimes de base et complémentaires du défunt. Le service affiche les caisses concernées, vérifie l’éligibilité, puis transmet le dossier à chacune.
Concrètement, il faut ouvrir l’onglet des services, choisir la demande de prestation puis la carte consacrée à la réversion. Les justificatifs se joignent scannés, 4 Mo au maximum par document, et un dossier commencé se conserve 90 jours avant envoi. Le suivi se fait ensuite depuis le compte retraite.
Sur papier, le formulaire R1392 s’envoie à la caisse régionale avec les pièces demandées. Il ne couvre que les régimes de base : la complémentaire Agirc-Arrco se réclame alors séparément, depuis l’espace personnel Agirc-Arrco. Pour un défunt fonctionnaire, magistrat ou militaire, c’est le formulaire R71480.
Comment obtenir le formulaire de réversion prérempli ?
Il suffit d’appeler l’Assurance retraite au 3960 : depuis mars 2026, la caisse adresse un formulaire déjà rempli avec l’état civil et les revenus qu’elle connaît. L’objectif affiché est de réduire les erreurs et les délais de traitement, sans changer les conditions d’accès.
Le préremplissage ne dispense pas de relire. Les revenus déclarés servent au calcul du plafond, et une donnée fausse se corrige avant l’envoi, pas après une notification erronée. Le simulateur d’info-retraite et l’outil Mes justificatifs permettent de vérifier l’éligibilité et la liste des pièces avant de signer.
Combien rapporte la pension de réversion ?
Au régime général, la réversion vaut 54 % de la retraite de base du défunt, hors majorations pour enfants. Un minimum s’applique si le défunt comptait au moins 60 trimestres, soit 334,92 € par mois en 2026 selon Meilleurtaux. Un parent de trois enfants obtient 10 % de plus.
La complémentaire suit d’autres règles. L’Agirc-Arrco reverse 60 % des points acquis par le défunt, dès 55 ans et sans condition de ressources, mais le remariage y met fin. À partir de 67 ans, la réversion de base peut gagner 11,1 % si l’ensemble des pensions ne dépasse pas 3 020,08 € par trimestre.
Le revenu d’un conjoint encore en activité pèse aussi dans le calcul du plafond, ce que rappelle la spécialiste de la retraite Valérie Batigne :
Si le conjoint survivant travaille, comme salarié par exemple, on va prendre en compte ses revenus professionnels.
Valérie Batigne, présidente de Sapiendo Retraite, dans un entretien au Journal du Net publié le 2 avril 2026
Ces revenus bénéficient d’un abattement de 30 % dès 55 ans, ce qui correspond bien à la règle des 70 % retenue par l’administration. Pour un veuf qui envisage de reprendre un emploi en touchant sa retraite, chaque hausse de salaire peut rogner la réversion, comme le montre le calcul suivant.
Comment le plafond de ressources réduit-il la pension de réversion ?
Quand la réversion ajoutée aux autres ressources dépasse le plafond, la pension est amputée du montant exact du dépassement. Prenons Monique, 68 ans, veuve et seule, dont le mari touchait 1 300 € bruts mensuels de retraite de base, et comparons deux niveaux de retraite personnelle.
| Étape du calcul (par an) | Retraite propre de 1 700 € par mois | Retraite propre de 1 400 € par mois |
|---|---|---|
| Retraite personnelle | 20 400 € | 16 800 € |
| Réversion théorique (54 % de 15 600 €) | 8 424 € | 8 424 € |
| Total face au plafond de 25 001,60 € | 28 824 € | 25 224 € |
| Dépassement retiré | 3 822,40 € | 222,40 € |
| Réversion versée, par mois | 383,47 € | 683,47 € |
Le résultat surprend : avec 300 € de retraite personnelle en plus chaque mois, Monique touche exactement 300 € de réversion en moins. Au-dessus du plafond, chaque euro de ressources supplémentaire retire un euro de pension, jusqu’à l’annuler.
Le calcul reste provisoire tant que le conjoint n’a pas liquidé toutes ses retraites. La caisse peut le réviser jusqu’à trois mois après l’obtention de la dernière, puis le montant se fige. Une réversion faible à 58 ans peut donc encore évoluer, dans un sens comme dans l’autre.
Pourquoi la date de la demande de réversion pèse sur le montant perçu
La réversion peut démarrer le premier jour du mois suivant le décès, à condition que la demande parte dans les douze mois. Au-delà, elle ne court qu’à partir du mois suivant le dépôt : chaque mois d’attente est perdu, sans rattrapage possible.
Le silence a lui aussi une valeur juridique. Sans réponse de la caisse sous quatre mois, la demande est réputée refusée, ce qui ouvre la voie à un recours devant la commission de recours amiable. Garder la date d’envoi et l’accusé de réception devient alors aussi utile que les justificatifs.
Dans un moment où les démarches s’empilent, la réversion passe souvent après la banque, le notaire ou la mutuelle. Elle mérite pourtant d’être lancée tôt, quitte à affiner ensuite, et de croiser les chiffres avec un relevé de carrière vérifié ligne à ligne : les droits du défunt fixent le plafond de ce qui sera reversé, et une carrière mal reconstituée se paie deux fois.

