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Pompe à chaleur sans avance de frais : six offres lancées et une aide de 9 800 € qui exclut MaPrimeRénov’

Les offres intégrées pour installer une pompe à chaleur sans apport sont ouvertes depuis le 1er octobre, portées par six groupements. Leur aide, de 9 800 € en moyenne, oblige les ménages modestes à renoncer à MaPrimeRénov' et à refaire leurs calculs.

Un technicien fixe l'unité extérieure d'une pompe à chaleur Atlantic sur une maison en pierre, un couple regarde au loin
Les offres intégrées promettent une pompe à chaleur sans apport aux propriétaires modestes, avec une mensualité plafonnée à l'ancienne facture de chauffage.
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Les offres promises pour équiper sa maison d’une pompe à chaleur sans sortir d’argent ont désormais des noms, un montant et un règlement. Le gouvernement a présenté le 30 septembre 2026 six consortiums autorisés à vendre ces offres intégrées, les précommandes ont ouvert le 1er octobre, et la fiche officielle publiée le 7 octobre fixe une règle qui change le calcul de nombreux foyers : l’aide versée n’est pas cumulable avec MaPrimeRénov’.

Le principe reste celui d’un contrat unique, souvent appelé leasing social de la pompe à chaleur : un même groupement installe une pompe à chaleur air-eau à la place d’une chaudière au gaz ou au fioul, finance le reste à charge, assure l’entretien et propose l’électricité. La mensualité totale ne doit pas dépasser l’ancienne dépense de chauffage. Avec 55 000 installations prévues en deux ans, quelles offres sont réellement disponibles, et que reste-t-il à payer une fois l’aide moyenne de 9 800 € déduite ?

Du cahier des charges aux premières précommandes

Le dispositif s’est construit en un peu plus de trois mois, et chaque étape a précisé ce que le ménage signe :

  1. 7 juillet 2026 : l’Ademe ouvre l’appel à projets des offres intégrées, avec une première échéance d’instruction au 1er septembre et une clôture au 1er mai 2027 ;
  2. 10 juillet 2026 : le médiateur national de l’énergie publie trois points de vigilance, sur le montage juridique, la capacité du réseau et les factures restées élevées ;
  3. mi-septembre 2026 : une première liste d’environ cinq opérateurs se dessine, et les offres pour installer une pompe à chaleur sans avancer d’argent sont annoncées pour le 1er octobre ;
  4. 29 septembre 2026 : la ministre déléguée à l’Énergie, Maud Bregeon, annonce 55 000 pompes à chaleur, une aide moyenne de 9 800 € et une enveloppe de 540 millions d’euros ;
  5. 30 septembre 2026 : le gouvernement présente les six consortiums lauréats ;
  6. 1er octobre 2026 : les précommandes en ligne ouvrent, sans engagement avant le devis ;
  7. 7 octobre 2026 : Service-public.fr détaille les conditions, dont le non-cumul avec MaPrimeRénov’.

Selon le comparateur JeChange, les premières poses sont attendues en novembre, après une visite technique et un devis assorti d’un délai de rétractation de 14 jours. Entre l’annonce de septembre et la version définitive, plusieurs paramètres ont bougé.

Ce qui a changé depuis l’annonce de septembre

Le tableau confronte ce qui était connu au 21 septembre 2026 et ce que fixent les textes publiés début octobre.

PointAu 21 septembreDésormaisSource
OpérateursEnviron cinqSix consortiumsGouvernement, 30 septembre
AideMaPrimeRénov’ par geste, 4 000 €, plus des CEEAide CEE spécifique, 9 800 € en moyenne, sans MaPrimeRénov’Service-public.fr, 7 octobre
Objectif25 000 installations d’ici 202855 000 en deux ansMinistère, 29 septembre
ÉquipementPompe à chaleur air-eauAu moins un modèle réversible par consortiumService-public.fr, 7 octobre
RemboursementTrois ans, option cinq ansTrois ans le plus souvent, cinq ans au plusService-public.fr, 7 octobre

Le point décisif tient à la ligne de l’aide. Un foyer modeste qui misait sur les 4 000 € de MaPrimeRénov’ par geste doit choisir entre cette prime et l’offre intégrée, puisque le dossier n’est pas recevable non plus s’il a déjà été déposé à l’Anah pour les mêmes travaux.

Ce choix se mesure mieux en chiffres, une fois connus les groupements qui commercialisent les offres.

Les six groupements qui vendent l’offre

Chaque consortium réunit un installateur, un financeur et un fournisseur d’énergie, et leurs conditions commerciales diffèrent d’un groupement à l’autre :

  • CapConfort, porté par Alpiq avec Hellio, Akéa Énergies, Winter et Cofidis ;
  • IZI by EDF, avec EDF et un financement Domofinance ;
  • Le PAC’TE français, avec Alterna énergie, des pompes Saunier Duval fabriquées à Nantes et Cofidis ;
  • Octopus x Effy, ouvert à toutes les marques de pompes à chaleur ;
  • RÉFLEX, avec Hello Watt et Engie, qui avance les aides ;
  • Sonepar, avec Ecair, Ace Énergie et TotalEnergies, adossé à un réseau de 15 000 installateurs.

D’après la présentation relayée par l’AFP, ces six groupements s’engagent ensemble sur 55 000 poses. Le contrat d’électricité reste facultatif : refuser celui du consortium ne remet en cause ni le financement ni l’entretien.

Combien reste-t-il à payer avec 9 800 € d’aide ?

Une pompe à chaleur air-eau coûte entre 13 000 et 15 000 € pose comprise, selon l’Association française pour les pompes à chaleur. L’aide moyenne laisse donc 3 200 à 5 200 € à financer, soit environ 89 à 144 € par mois sur 36 mois, hors intérêts du crédit.

JeChange estime la dépense de chauffage d’une maison de 100 m² à 2 100 € par hiver au gaz, contre 800 € environ avec une pompe à chaleur. Ramenée au mois, la facture passe de 175 à 67 €. Dans le cas bas, électricité et remboursement atteignent 156 € par mois, ce qui laisse une marge de 19 € pour l’entretien et les intérêts. Dans le cas haut, la mensualité dépasse l’ancienne facture, ce que le cahier des charges interdit : l’offre doit alors allonger la durée vers cinq ans ou revoir son prix.

Avec ce dispositif destiné aux Français modestes, pendant 3 ans, vous n’aurez aucun coût supplémentaire par rapport à ce que vous coûtait le chauffage au gaz ou au fioul.

Maud Bregeon, ministre déléguée à l’Énergie, entretien aux journaux du groupe Ebra, 29 septembre 2026

La promesse repose sur une projection, pas sur une facture mesurée. JeChange relève que le consortium s’engage sur une estimation documentée de la consommation, si bien qu’un logement mal isolé peut faire mentir le calcul, comme l’avait souligné le médiateur dès juillet.

Qui peut déposer une demande, et comment ?

L’offre vise les propriétaires d’une maison individuelle chauffée au gaz, au fioul ou au propane, aux revenus modestes ou très modestes selon le barème de l’Anah. Un foyer de trois personnes hors Île-de-France reste éligible jusqu’à 39 148 € de revenu fiscal de référence, lu sur l’avis d’imposition de l’année N-2.

La démarche passe par la plateforme Électrifions la France, qui publie la liste des lauréats, puis par le site du consortium retenu. La fiche officielle de Service-public.fr recommande de comparer les propositions, car modèles, coûts de pose et conditions varient. Le contexte joue en faveur du changement : avec la hausse du prix repère du gaz, le mégawattheure atteint 182,88 € TTC au 1er octobre, contre 172,05 € en septembre.

Chantier Pro détaille le prix d’une pompe à chaleur air-eau et les postes d’un devis, utiles pour comparer les offres intégrées.

Le foyer qui hésite garde une alternative. Depuis l’exclusion des chaudières gaz des rénovations d’ampleur au 1er septembre 2026, la pompe à chaleur reste l’un des rares gestes encore financés seuls par MaPrimeRénov’, ce qui oblige à comparer les deux voies avant de signer.

Ce qui reste à trancher d’ici l’hiver

Les premières poses de novembre diront si la promesse tient. Le volume reste modeste face à l’objectif national d’un million de pompes à chaleur en 2030, et l’appel à projets de l’Ademe reste ouvert jusqu’au 1er mai 2027, ce qui laisse la porte ouverte à de nouveaux lauréats.

Le projet de loi de finances 2027 prévoit aussi de verser le chèque énergie en janvier plutôt qu’en avril, pour un montant de 48 à 277 €. Pour un foyer qui précommande cet automne, le devis signé après la visite technique reste le seul document qui engage, et celui où se vérifient la mensualité réelle, la durée du crédit et le coût de l’entretien au-delà des trois ans.

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