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- Combien la hausse du 1er novembre coûte-t-elle sur une facture ?
- Trois hausses en trois mois : la chronologie du prix repère
- Ce qui a changé depuis l’annonce d’octobre
- Une maison chauffée au gaz : le calcul sur 10 000 kWh
- Comment vérifier si votre contrat suit le prix repère ?
- Ce que la prochaine grille dira de l’hiver
Le gaz augmente encore. La Commission de régulation de l’énergie a annoncé le 12 octobre 2026 que son prix repère passerait à 194,90 € TTC le mégawattheure au 1er novembre, contre 182,88 € en octobre, soit une hausse moyenne de 6,6 %. C’est la troisième marche consécutive après celles de septembre et d’octobre.
Le prix repère de vente de gaz, ou PRVG, est un indicateur mensuel publié par le régulateur depuis la fin des tarifs réglementés, le 30 juin 2023. Il ne se souscrit pas, mais une partie des contrats du marché y sont directement indexés et suivent donc chacune de ses variations. Au 30 juin 2026, 10,23 millions de ménages avaient un contrat de gaz naturel en France.
La saison de chauffe démarre au moment où la facture grimpe le plus vite, et l’écart entre une offre indexée et une offre à prix fixe commence à se chiffrer en centaines d’euros sur l’année. Votre contrat suit-il cette nouvelle hausse, et combien vous coûtera-t-elle concrètement ?
Combien la hausse du 1er novembre coûte-t-elle sur une facture ?
Pour un ménage dont l’offre suit le prix repère, la CRE chiffre l’effet à 12 € TTC de plus en moyenne sur le mois de novembre. Seule la part approvisionnement bouge, sous l’effet de la hausse des prix sur les marchés de gros en septembre par rapport à août. Selon l’AFP, environ 6 millions de clients résidentiels, près de 60 % des abonnés au gaz, ont une offre indexée.
La moyenne masque un écart selon l’usage. Dans la grille publiée pour la zone GRDF, qui couvre l’essentiel des foyers, le kilowattheure de chauffage passe à 0,15760 € TTC, soit environ 8,3 % de plus qu’en octobre, tandis que celui de la cuisson et de l’eau chaude monte à 0,19027 €. Les abonnements, eux, restent figés à 360,79 € et 152,46 € par an. Ce mouvement prolonge une série entamée dès la fin de l’été.
Trois hausses en trois mois : la chronologie du prix repère
Le prix repère se recalcule chaque mois à partir des cotations du mois précédent, ce qui explique une succession de marches plutôt qu’un seul choc. Voici les étapes qui mènent à la grille de novembre :
- 30 juin 2023 : fin des tarifs réglementés de vente du gaz, remplacés comme point de comparaison par le prix repère mensuel de la CRE ;
- 1er septembre 2026 : le prix repère progresse de 5,6 % TTC et s’établit à 172,05 € le mégawattheure, après une baisse de 0,8 % en août ;
- 10 septembre 2026 : la CRE annonce la hausse de 6,3 % du 1er octobre, à 182,88 €, pour environ 5,28 € de plus sur la facture du mois ;
- 12 octobre 2026 : la CRE publie la grille de novembre, à 194,90 € le mégawattheure, soit 6,6 % de plus ;
- 1er novembre 2026 : la nouvelle grille s’applique aux offres indexées.
Entre la grille de septembre et celle de novembre, le prix repère moyen a gagné plus de 13 % en deux mois. Le détail des chiffres montre surtout ce qui a bougé depuis l’annonce d’octobre.
Ce qui a changé depuis l’annonce d’octobre
L’annonce de septembre fixait un cadre que celle d’octobre déplace sur presque tous les points. Le tableau compare les deux communiqués successifs du régulateur :
| Point | Annonce du 10 septembre | Annonce du 12 octobre |
|---|---|---|
| Prix repère moyen TTC | 182,88 €/MWh au 1er octobre | 194,90 €/MWh au 1er novembre |
| Variation mensuelle | +6,3 % | +6,6 % |
| Surcoût moyen du mois | 5,28 € TTC | 12 € TTC |
| Facture 2026 estimée par rapport à 2025 | +10 %, environ 120 € | +11 %, environ 135 € |
Le surcoût mensuel fait plus que doubler alors que la variation en pourcentage bouge à peine, parce que novembre pèse bien plus lourd qu’octobre dans la consommation d’un logement chauffé au gaz. L’estimation annuelle, elle, reste conditionnée à des marchés à peu près stables d’ici décembre, ce que rien ne garantit.
Une maison chauffée au gaz : le calcul sur 10 000 kWh
Prenons un logement qui consomme 10 000 kWh par an pour le chauffage, un ordre de grandeur courant pour une maison. Au prix moyen de novembre, la facture annualisée atteint 1 576 € de consommation plus 360,79 € d’abonnement, soit 1 936,79 € TTC. À la grille d’octobre, où le kilowattheure de chauffage valait 0,14557 €, le même foyer payait 1 816,49 € sur douze mois.
L’écart tient en un chiffre simple : chaque tranche de 1 000 kWh brûlée en novembre coûte 12,03 € de plus qu’en octobre sur une offre indexée. Un mois froid qui fait tourner la chaudière à plein multiplie donc la hausse, et c’est précisément ce que reflète la moyenne de 12 € avancée par le régulateur.
La CRE évalue l’impact sur les factures à 12 € TTC en moyenne au mois de novembre pour les consommateurs dont les offres sont indexées au PRVG.
Commission de régulation de l’énergie, communiqué de presse du 12 octobre 2026 annonçant le prix repère de novembre
Face à ce repère, les offres à prix fixe prennent l’avantage. D’après le comparateur de Selectra du 12 octobre, l’offre fixe la moins chère pour ce profil revenait à environ 1 677 € par an, près de 260 € sous le prix repère de novembre. Ce gain n’est acquis que si les prix de gros restent hauts pendant toute la durée du contrat, ce qui renvoie à la vérification de votre propre offre.
Comment vérifier si votre contrat suit le prix repère ?
Ouvrez vos conditions particulières et cherchez la formule de prix : une offre indexée cite le PRVG ou un indice de marché, une offre fixe donne un prix du kilowattheure gelé jusqu’à une date de fin d’engagement. Comparez aussi le prix hors taxes du kilowattheure sur vos deux dernières factures. Selon la CRE, environ 40 % des consommateurs résidentiels avaient un prix fixe fin 2025 et ne sont pas touchés par la hausse.
Changer d’offre ne coupe pas le gaz et ne coûte rien, mais la méthode a ses limites. Une offre fixe signée au sommet du marché ne suit pas une éventuelle baisse au printemps, certains contrats fixent le kilowattheure sans geler l’abonnement, et les taxes restent révisables par l’État. Le comparateur public du médiateur national de l’énergie, sur energie-info.fr, classe les offres à partir de votre consommation réelle, chiffre sans lequel aucune comparaison ne tient.
Ce que la prochaine grille dira de l’hiver
La part approvisionnement repose à 80 % sur la moyenne des cotations mensuelles relevées sur la plateforme EEX et à 20 % sur les cotations trimestrielles, comme le détaille le communiqué de la CRE sur la grille de novembre. Les prix de gros d’octobre fixeront donc la grille de décembre, publiée par le régulateur courant novembre. Selon l’AFP, le contrat néerlandais TTF pour livraison en novembre cotait 82,76 € le mégawattheure, contre 31,47 € le 27 février, avant la guerre dans le Golfe.
Aucune date ne permet de dire quand la série s’interrompra, et le régulateur lui-même assortit son estimation annuelle d’une réserve sur la stabilité des marchés. Le choix entre indexé et fixe se joue désormais en même temps que celui de l’équipement : les offres de pompe à chaleur sans avance de frais ou l’exclusion des chaudières gaz de MaPrimeRénov’ redessinent le coût réel d’un hiver chauffé au gaz sur plusieurs années, bien au-delà de la seule facture de novembre.

