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Casque à trottinette électrique ou à vélo : quand est-il obligatoire ?

Une dizaine de préfectures imposent désormais le casque en trottinette électrique, alors que le vélo reste libre pour les adultes. Âge, territoire, amende : ce qui décide de l'obligation, et ce que prépare l'État.

Femme casquée en gilet jaune sur une trottinette électrique dans une piste cyclable parisienne, cyclistes derrière
Depuis l'été 2026, une dizaine de préfectures imposent le casque aux usagers de trottinette électrique, y compris en ville.
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Un adulte qui roule à vélo en ville sans casque reste dans son droit. Le même adulte sur une trottinette électrique, à Paris ou à Nice, s’expose en revanche à une amende forfaitaire de 135 € depuis l’été 2026. Entre le Code de la route, les arrêtés préfectoraux et les décisions municipales, la règle du casque dépend désormais du véhicule, de l’âge du conducteur et du territoire traversé.

Le casque n’est pas un simple accessoire de confort : c’est un équipement de protection dont le port est imposé, ou seulement recommandé, selon la catégorie juridique de l’engin que vous conduisez. Vélo classique, vélo électrique rapide, trottinette, gyropode ou monoroue n’obéissent pas aux mêmes textes. Alors, dans quelles situations le casque est-il réellement obligatoire, et que risquez-vous si vous roulez tête nue ?

Le casque est-il obligatoire à vélo pour un adulte ?

Non, un cycliste adulte n’a aucune obligation nationale de porter un casque. Depuis le 22 mars 2017, le casque n’est imposé qu’aux moins de 12 ans, conducteurs ou passagers. Seuls les vélos électriques rapides, les speed bikes assistés jusqu’à 45 km/h, font exception : ils relèvent des cyclomoteurs et exigent un casque homologué.

Pour un enfant, la sanction ne vise pas le jeune cycliste mais l’adulte qui le transporte ou l’accompagne. Celui-ci encourt une contravention de quatrième classe à 135 €, la même que pour un oubli de ceinture. Le casque doit être homologué, à la bonne taille et attaché : posé sur la tête sans sangle serrée sous le menton, il ne protège presque rien en cas de chute. Cette liberté laissée aux adultes à vélo contraste avec la situation des trottinettes électriques, où la règle a changé plus vite que le Code de la route lui-même au cours de l’été 2026.

Le casque est-il obligatoire en trottinette électrique en ville ?

Pas au niveau national, mais oui dans un nombre croissant de départements. Le Code de la route n’impose le casque aux engins de déplacement personnel motorisés que hors agglomération, où ils circulent rarement. Depuis l’été 2026, une dizaine de préfectures l’exigent pourtant en ville, à tout âge et sur toutes les voies.

Les engins de déplacement personnel motorisés, ou EDPM, regroupent les trottinettes électriques, les gyropodes, les monoroues et les hoverboards. Leur conduite est interdite aux moins de 14 ans, et les préfets s’appuient sur leur pouvoir de police pour durcir localement les équipements exigés, casque et gilet rétroréfléchissant en tête. D’après Que Choisir, qui a recensé ces décisions le 8 octobre 2026, la carte de l’obligation reste un patchwork difficile à suivre pour un usager qui change de département dans la journée.

Les territoires où le casque est déjà exigé en trottinette

Voici les principales zones où rouler en EDPM sans casque est déjà sanctionné, selon les arrêtés publiés à l’été 2026 :

  • les Hauts-de-Seine, depuis le 28 juillet 2026, casque et gilet compris ;
  • Paris, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne, par l’arrêté de la préfecture de police du 7 août 2026 ;
  • le Nord et la Manche, où l’obligation s’applique depuis le 1er septembre 2026 ;
  • le Vaucluse, les Alpes-Maritimes, l’Indre, l’Yonne et le Pas-de-Calais, par arrêtés préfectoraux ;
  • plusieurs villes comme Reims, Compiègne, Saint-Dié-des-Vosges ou Le Touquet, par arrêtés municipaux.

Certaines communes vont plus loin et visent aussi les cyclistes, voire les rollers, comme Aurillac ou Rungis. Ces extensions restent fragiles : Reims a dû revoir son arrêté initial, qui imposait le casque aux cyclistes adultes alors que la loi ne le prévoit pas.

Avant un trajet hors de chez vous, le site de la préfecture du département reste la source la plus fiable, d’autant que le montant des sanctions varie lui aussi d’un territoire à l’autre.

Combien coûte un trajet en trottinette sans casque ?

Dans une zone d’obligation, l’absence de casque coûte 135 € d’amende forfaitaire. Cette contravention de quatrième classe est minorée à 90 € en cas de paiement rapide et majorée à 375 € en cas de retard. Le défaut de gilet rétroréfléchissant la nuit ajoute 35 €, soit 170 € pour un usager sans aucun équipement.

Les montants ne sont pas partout identiques. Au Touquet, l’arrêté municipal porte l’amende jusqu’à 150 €, et les forces de l’ordre peuvent aussi immobiliser l’engin, une mesure rarement appliquée mais qui peut se terminer par une mise en fourrière et ses frais.

Au lendemain de l’annonce de la préfecture de police, RTL détaille les amendes de 135 et 35 euros prévues à Paris pour les trottinettes électriques.

L’amende n’est pas le seul coût en jeu. Un EDPM doit être couvert par une responsabilité civile, comme l’assurance d’un deux-roues motorisé, et un accident sans équipement peut peser sur l’indemnisation de vos propres blessures. Ces règles plus sévères s’expliquent d’abord par les chiffres de l’accidentalité.

Pourquoi les autorités veulent-elles généraliser le casque ?

Parce que la mortalité des usagers de trottinettes a presque doublé en un an. Selon les résultats définitifs de l’ONISR, 79 utilisateurs d’EDPM sont morts sur les routes en 2025, soit 34 de plus qu’en 2024, et environ 1 200 ont été gravement blessés. À vélo, 235 cyclistes ont été tués en métropole la même année.

Les blessures à la tête pèsent lourd dans ce bilan, et l’absence de tiers responsable revient souvent. La déléguée interministérielle à la sécurité routière l’a souligné en présentant les chiffres de 2025 :

La moitié des cyclistes tués ont subi un choc à la tête, et un tiers sont décédés sans qu’il y ait de tiers responsable impliqué.

Estelle Bali, déléguée interministérielle à la sécurité routière, lors de la présentation du bilan 2025 de la sécurité routière, le 30 janvier 2026

Le ministère de l’Intérieur en a tiré les conséquences en août 2026 : Marie-Pierre Vedrenne, ministre déléguée chargée de la Citoyenneté, a demandé à la Sécurité routière d’étudier une généralisation du casque aux trottinettes et aux cyclistes sur tout le territoire. Une règle nationale suppose un décret pris après avis du Conseil d’État, ce qui laisse le débat ouvert sur l’efficacité réelle du casque.

Le casque protège-t-il vraiment les cyclistes ?

Oui en cas de choc à la tête, mais il n’empêche pas l’accident. Un casque conforme à la norme européenne EN 1078 absorbe l’énergie d’un impact crânien, alors que la moitié des cyclistes tués ont subi un choc à la tête selon la Sécurité routière. Son effet sur le nombre d’accidents reste discuté.

Une étude portant sur les accidents en agglomération entre 2016 et 2019 a relevé une fréquence d’accidents mortels plus élevée chez les cyclistes casqués, signe possible d’une prise de risque accrue. La Fédération française des usagers de la bicyclette s’oppose pour cette raison à l’obligation et craint qu’elle décourage la pratique.

Le choix du casque compte autant que le fait d’en porter un. Il doit couvrir le front, tenir sans bouger quand vous secouez la tête et être remplacé après toute chute avec impact, même sans fissure visible. Un cadre de vélo bien réglé, adapté à la taille et à la morphologie du cycliste, limite aussi les pertes d’équilibre.

Une règle nationale encore en chantier

La situation actuelle produit un paradoxe : un adulte peut rouler à vélo tête nue dans une rue où le conducteur de trottinette voisin risque 135 € d’amende. Le Conseil national de la sécurité routière, saisi par la ministre, doit éclairer un arbitrage qui opposera la protection individuelle au développement du vélo en ville.

En attendant un éventuel décret, la carte des obligations continuera de bouger au rythme des arrêtés locaux, avec un enjeu concret, au regard des 79 usagers d’EDPM tués en 2025 : savoir si la prévention passera par l’équipement de chacun ou par des aménagements cyclables plus sûrs.

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