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- Qui a droit au bilan prévention gratuit ?
- Quels professionnels peuvent réaliser le bilan prévention ?
- Les étapes du bilan prévention, de la prise de rendez-vous au plan d’action
- Pourquoi faire son bilan prévention chez un kinésithérapeute ?
- Combien coûte le bilan prévention ?
- Ce que le bilan prévention ne remplace pas
- Quatre rendez-vous pour toute une vie
Une demi-heure à trois quarts d’heure pour faire le point sur votre sommeil, votre alimentation, votre activité physique ou votre consommation d’alcool, sans rien débourser. C’est le principe de Mon bilan prévention, un rendez-vous de santé gratuit, réservé à quatre tranches d’âge précises, que l’Assurance maladie prend entièrement en charge depuis son lancement national en 2024.
Jusqu’ici, ce bilan se faisait chez un médecin, un pharmacien, une infirmière ou une sage-femme. Depuis le 1er octobre 2026, les masseurs-kinésithérapeutes peuvent aussi le réaliser, en application d’un arrêté du 28 juillet publié au Journal officiel le 2 août. Le dispositif reste pourtant largement méconnu. Avez-vous droit à ce bilan, et comment le prendre concrètement chez votre kiné ?
Qui a droit au bilan prévention gratuit ?
Le bilan prévention est ouvert à toute personne assurée sociale âgée de 18 à 25 ans, 45 à 50 ans, 60 à 65 ans ou 70 à 75 ans. Chaque assuré y a droit une seule fois par tranche d’âge, soit quatre rendez-vous au maximum au cours d’une vie, tous pris en charge à 100 %.
Ces bornes ne doivent rien au hasard. Elles correspondent à des moments où les habitudes se fixent ou se dérèglent : l’entrée dans la vie adulte, le milieu de carrière, le passage à la retraite puis le grand âge. À chacun de ces seuils, les risques évoqués changent de nature : on ne parle pas des mêmes priorités à 20 ans qu’à 72 ans, et l’autoquestionnaire diffère d’ailleurs selon la tranche.
En dehors de ces fenêtres, le bilan n’est pas accessible, même pour une personne qui en aurait besoin. Si vous avez 26 ans ou 51 ans, il faudra attendre la tranche suivante, ce qui pousse à ne pas laisser filer la période où vous êtes éligible. Reste à savoir à qui s’adresser.
Quels professionnels peuvent réaliser le bilan prévention ?
Cinq professions peuvent conduire ce bilan : le médecin, le pharmacien, l’infirmier, la sage-femme et, depuis le 1er octobre 2026, le kinésithérapeute. Près de 10 000 professionnels participants sont recensés sur l’annuaire du site santé.fr, qui permet de trouver un praticien près de chez soi.
Dans les faits, le paysage s’est vite déséquilibré. Selon le ministère de la Santé, cité par Vidal, les pharmaciens réalisent plus de la moitié des bilans depuis l’automne 2025, devant les médecins, souvent trop sollicités pour dégager une demi-heure de prévention. L’arrivée des kinés vise à élargir encore ce maillage de proximité.
Si vous suivez déjà une rééducation, la démarche est simple : prenez rendez-vous comme d’habitude en précisant qu’il s’agit d’un bilan prévention, et non d’une séance de soin. Le déroulé, lui, reste identique quel que soit le professionnel choisi.
Les étapes du bilan prévention, de la prise de rendez-vous au plan d’action
Le rendez-vous dure entre 30 et 45 minutes et suit un déroulé fixe, défini par l’Assurance maladie. Voici comment il s’organise, en cinq temps :
- remplir, si vous le souhaitez, l’autoquestionnaire correspondant à votre tranche d’âge, disponible dans Mon espace santé ;
- réunir les documents utiles, comme une prise de sang récente ou votre carnet de vaccination ;
- faire le tour, avec le professionnel, de vos habitudes de vie et de vos facteurs de risque individuels ;
- choisir ensemble un ou deux thèmes prioritaires, parmi l’alimentation, le sommeil, l’activité physique, les addictions, la vaccination, les dépistages ou la santé mentale ;
- repartir avec un plan personnalisé de prévention, qui peut être transmis à votre médecin traitant.
L’autoquestionnaire n’est pas obligatoire, mais il fait gagner un temps précieux : le professionnel arrive avec vos réponses déjà en tête et peut consacrer la séance à ce qui compte. Sans lui, une bonne partie du rendez-vous passe à collecter des informations.
La limite à un ou deux thèmes surprend parfois. Elle est assumée : deux objectifs tenables valent mieux que dix conseils oubliés dans la semaine. Cette logique de priorités explique en partie l’intérêt d’ouvrir le bilan aux kinés.
Pourquoi faire son bilan prévention chez un kinésithérapeute ?
Le kinésithérapeute est pertinent pour un bilan centré sur le mouvement : sédentarité, douleurs chroniques, risque de chute ou reprise d’une activité physique. Il voit souvent ses patients chaque semaine pendant plusieurs mois, ce qui lui donne un suivi que peu de soignants peuvent offrir sur la durée.
Ce lien régulier compte pour les tranches de 60 à 75 ans, où la prévention des chutes et le maintien de la force musculaire pèsent lourd. Pour mesurer ce que l’activité physique change à la longévité, les cinq piliers d’exercice pour vivre plus longtemps donnent une idée des gestes que le kiné peut prioriser dans le plan de prévention.
L’ordre des kinésithérapeutes a accueilli l’arrêté comme une reconnaissance de son rôle en santé publique. Sa présidente l’a résumé dès la publication du texte :
Cette évolution réglementaire marque une étape importante pour la profession.
Pascale Mathieu, présidente du Conseil national de l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes, réagissant à l’arrêté ouvrant le bilan prévention aux kinés, propos rapportés par Pourquoi Docteur le 4 août 2026
Côté patient, l’avantage reste concret : un rendez-vous de plus près de chez soi, chez un praticien souvent plus disponible qu’un médecin généraliste. Encore faut-il savoir combien cela coûte, et à qui.
Combien coûte le bilan prévention ?
Le bilan prévention ne vous coûte rien : l’Assurance maladie le rembourse à 100 % sans avance de frais. Le professionnel perçoit 30 € par bilan, 31,50 € en outre-mer, versés directement par la caisse : il suffit de présenter votre carte Vitale le jour du rendez-vous.
Dans certains cas, un acte complémentaire peut être facturé le même jour, comme un frottis, un examen clinique ou une vaccination, selon ce que le professionnel est habilité à faire. Cet acte suit alors les règles de remboursement habituelles, à vérifier avant le rendez-vous, notamment au regard des franchises et participations forfaitaires prélevées sur vos remboursements.
Ce que le bilan prévention ne remplace pas
Le bilan prévention n’est ni une consultation de soin ni un dépistage. Il ne pose pas de diagnostic et ne remplace pas le suivi par votre médecin traitant. Si un risque apparaît, le professionnel vous oriente vers une prise en charge adaptée, sans la réaliser lui-même.
Les dépistages organisés gardent leur propre calendrier. Le bilan peut vous rappeler qu’une invitation vous attend, mais l’examen lui-même se fait ailleurs, comme pour la mammographie de dépistage à partir de 50 ans. De même, un chiffre de tension évoqué pendant le rendez-vous se confirme par une automesure fiable à domicile, sur plusieurs jours.
Le dispositif peine surtout à trouver son public. Au 30 juin 2026, plus de 612 000 bilans avaient été réalisés, d’après le ministère de la Santé. Rapporté aux quelque 20 millions de personnes que le gouvernement estimait concernées en 2024, cela représente environ 3 % du potentiel.
Quatre rendez-vous pour toute une vie
Un bilan par tranche d’âge, c’est peu, et c’est justement ce qui en fait la valeur. Ces quatre rendez-vous forment un fil de prévention qui traverse toute la vie adulte, de 18 à 75 ans, à condition de ne pas laisser passer les fenêtres où ils sont ouverts.
L’élargissement aux kinés pose une question plus large que celle du guichet. Si un praticien que l’on voit chaque semaine peut parler sommeil, alcool ou sédentarité, la prévention cesse d’être un rendez-vous isolé pour devenir une conversation suivie. Pour les personnes qui entrent cette année dans l’une des quatre tranches, le prochain rendez-vous chez le kiné pourrait bien être l’occasion de l’engager.

