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- Qu’est-ce que le SOH d’une batterie de voiture électrique ?
- Comment lire soi-même le SOH d’une voiture électrique ?
- Les quatre voies pour obtenir un certificat de batterie
- Quel SOH viser selon le kilométrage de la voiture ?
- Que change le pacte signé le 4 septembre 2026 ?
- Le passeport batterie qui arrive en février 2027
Une annonce de voiture électrique d’occasion affiche le kilométrage, l’année et le prix, puis reste muette sur la seule pièce qui vaut plusieurs milliers d’euros. Le SOH, abrégé de « state of health », mesure ce qu’il reste de la capacité d’origine de la batterie, en pourcentage. Neuve, elle affiche 100 % ; après quelques années, 90, 85 ou 80 %.
La réponse tient en peu de mots : ce pourcentage se lit sur un certificat d’état de santé, que le vendeur professionnel peut fournir ou que vous faites établir pour une somme comprise entre 40 et 60 euros. Le test se déroule en atelier, ou à domicile avec un boîtier branché sur la prise de diagnostic.
Depuis le 1er septembre 2026, ce chiffre a pris une valeur monétaire : la prime versée au titre des certificats d’économies d’énergie exige un SOH supérieur ou égal à 80 %. Que recouvre vraiment ce pourcentage, et comment le faire sortir d’un véhicule avant de signer ?
Qu’est-ce que le SOH d’une batterie de voiture électrique ?
Le SOH compare la capacité actuelle de la batterie à sa capacité de sortie d’usine. À 85 %, l’accumulateur restitue 85 % de ce qu’il stockait neuf : une voiture homologuée à 300 km n’en parcourt plus qu’environ 255. La garantie constructeur couvre en moyenne huit ans ou 160 000 km, avec un seuil de remplacement autour de 70 %.
Deux mécanismes usent la batterie en parallèle : le vieillissement calendaire, qui agit même sur un véhicule immobile, et le vieillissement cyclique, lié au nombre de charges. D’après Choisir.com, une batterie perd en moyenne 2 % de SOH par an, un peu plus vite les premiers mois. La confusion la plus fréquente porte sur le SOC, l’état de charge du tableau de bord, qui n’indique que l’électricité disponible à l’instant présent.
Comment lire soi-même le SOH d’une voiture électrique ?
La lecture passe par la prise de diagnostic, cette fiche normalisée logée sous le tableau de bord. Un adaptateur et une application suffisent à interroger le système de gestion de la batterie, et certaines applications restituent directement un pourcentage de capacité. Peugeot et Renault délivrent aussi un certificat depuis leurs propres services.
Le procédé a ses angles morts. L’argus signale que la manipulation n’a rien d’intuitif et que la compatibilité varie d’un modèle à l’autre : Car Scanner, A Better Routeplanner et Power Cruise Control ne couvrent pas le même parc. Chez Peugeot, le certificat est offert à la révision annuelle sous contrat de maintenance ; chez Renault, il passe par l’application maison, reste payant et n’est valable que trois mois.
Le geste vaut d’être fait avant de prendre rendez-vous. Un pourcentage relevé sur place permet de comparer deux exemplaires du même modèle et de négocier le prix en connaissance de cause. Cette lecture rapide ne remplace pas un certificat opposable : elle écarte les mauvaises surprises, une fois admis qu’un véhicule adapté à vos trajets quotidiens se choisit d’abord sur l’usage.
Les quatre voies pour obtenir un certificat de batterie
Quand le vendeur ne fournit rien, le certificat s’achète. Quatre circuits coexistent en France, et le moins cher n’est pas toujours le plus rapide :
- le kit à domicile : Moba, ancienne Belle Batterie, facture 49,99 € hors expédition du boîtier à brancher puis à renvoyer ;
- le centre auto : Norauto propose son propre test à partir de 39,95 €, résultat remis sur place ;
- le garage spécialisé : entre une quarantaine et une soixantaine d’euros, souvent avec la technologie de l’autrichien Aviloo ;
- le réseau du constructeur : gratuit chez certains sous contrat d’entretien, payant ailleurs, avec une validité limitée.
Aucun de ces tests ne répond à une norme commune. Il n’existe pas de protocole SOH standardisé en France, et deux mesures sur la même voiture peuvent diverger de plusieurs points. Le résultat dépend aussi de la température extérieure et de l’état de charge au moment du relevé.
Le biais le plus discuté vient des constructeurs. Certains logent dans la batterie une capacité tampon supérieure à celle annoncée : quand l’usure commence, le système de gestion puise dans cette réserve et maintient artificiellement un SOH proche de l’origine. Le chiffre reste flatteur alors que l’autonomie réelle a déjà reculé.
Quel SOH viser selon le kilométrage de la voiture ?
Un bon repère vaut mieux qu’une inquiétude. L’analyse publiée par Arval en 2026, adossée à 24 000 certificats établis dans onze pays européens, situe la capacité restante à 93 % autour de 70 000 km et au-dessus de 90 % à 160 000 km ou six ans d’usage. Le tableau traduit ces paliers en autonomie.
| SOH relevé | Ce que cela traduit | Autonomie sur 300 km homologués |
|---|---|---|
| 95 % ou plus | Usure très limitée, voiture peu kilométrée | Environ 285 km |
| 90 à 94 % | Vieillissement normal, cas courant vers 70 000 km | 270 à 282 km |
| 80 à 89 % | Perte sensible, seuil de la prime atteint à 80 % | 240 à 267 km |
| Moins de 80 % | Prime perdue, garantie parfois mobilisable sous 70 % | Moins de 240 km |
Le pourcentage seul ne suffit pourtant pas à trancher. Arval mesure une dégradation lente, de l’ordre de 1 % tous les 25 000 km après une légère baisse initiale : un SOH faible sur une voiture peu kilométrée en dit plus long qu’un SOH moyen sur un véhicule très roulant.
La prime ajoute ses propres bornes, qui prolongent le resserrement des aides publiques engagé cette année. Elle vise les voitures cent pour cent électriques immatriculées en France entre 2017 et 2023, vendues moins de 25 000 € par un professionnel, d’une masse en ordre de marche inférieure à 1 800 kg et conservées trois ans, pour 295 à 380 € selon L’argus. Le poids se lit en case G de la carte grise, que l’on confond volontiers avec la case G.1.
Que change le pacte signé le 4 septembre 2026 ?
Le gouvernement et la filière automobile ont signé ce jour-là, à Rambouillet, un pacte de confiance sur les véhicules électriques d’occasion. Renault, Stellantis, Aramis Auto et les organisations professionnelles PFA, Mobilians et CSIAM s’engagent à afficher le SOH dans leurs annonces, cinq mois avant l’obligation européenne du 18 février 2027.
Le marché avait besoin de ce signal. L’électrique d’occasion a progressé de 30 % en 2025, avec 179 000 transactions, mais la décote reste brutale : certains modèles perdent jusqu’à 60 % de leur valeur en cinq ans, et une Twingo électrique se déprécie de 48 % en moins de trois ans, contre 26 % pour la version essence. La seconde main y gagne, d’autant que les frais courants de la voiture reculent en électrique.
Notre ambition : fournir aux Français une information claire et transparente, pour leur permettre d’acheter en toute connaissance de cause. Rendre l’électrique accessible, c’est agir sur le prix, mais aussi sur la confiance.
Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, à la signature du pacte de confiance sur les véhicules électriques d’occasion, à Rambouillet, le 4 septembre 2026
La portée du texte a ses limites. Le pacte ne lie que ses signataires : un particulier ou un petit professionnel resté à l’écart demeure libre de ne rien afficher, et rien n’oblige encore à produire un certificat lors d’une vente. Réclamer le document par écrit, puis vérifier sa date, garde tout son sens.
Le passeport batterie qui arrive en février 2027
La transparence prendra bientôt une forme réglementaire. Le passeport batterie européen retracera l’historique et la capacité certifiée de chaque accumulateur, et l’état de santé remontera au tableau de bord des modèles neufs sous l’appellation SOCE. Le pourcentage cessera d’être un argument commercial pour devenir une donnée d’identité du véhicule.
Ce basculement déplace la question. Une fois le chiffre normalisé, ce qui se négociera n’est plus son existence mais son interprétation : deux batteries à 88 % n’ont pas vécu la même vie, et l’historique des recharges rapides pèsera autant que le pourcentage affiché. Le marché de l’occasion électrique se jugera sur cette lecture fine, celle que le passeport rendra enfin possible.


