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- Que change le risque modéré pour des poules de particulier ?
- Quelles obligations selon le niveau de risque de grippe aviaire ?
- Comment mettre ses poules à l’abri sans les rendre malades ?
- Les gestes de biosécurité qui protègent un poulailler
- D’où vient le risque pour des poules de jardin ?
- Faut-il déclarer ses poules en mairie ?
- Un hiver de migrations à surveiller
Depuis le 5 novembre 2026, la France métropolitaine est repassée en risque modéré d’influenza aviaire hautement pathogène, par un arrêté publié au Journal officiel la veille. L’influenza aviaire, la grippe des oiseaux, est une maladie virale très contagieuse pour les volailles, que les oiseaux sauvages migrateurs transportent chaque automne d’un pays à l’autre.
Le motif avancé par l’arrêté tient en une ligne : une « dynamique d’infection dans l’avifaune sauvage migratrice dans les pays voisins ». Les poules du fond du jardin sont concernées au même titre que les élevages, car le virus ne fait pas la différence entre un poulailler familial et un bâtiment de 20 000 volailles. Comment protéger ses poules sans tomber dans l’excès de zèle, et qu’est-ce qui devient obligatoire ?
Que change le risque modéré pour des poules de particulier ?
Pour la plupart des basses-cours, le risque modéré n’impose pas de confinement généralisé des poules. Ce sont les communes classées en zone à risque particulier qui basculent : les oiseaux de moins de 50 volailles doivent y être mis à l’abri ou protégés par des filets, et les rassemblements d’oiseaux sont interdits.
Ces zones à risque particulier regroupent les communes proches des zones humides où stationnent les oiseaux migrateurs. Le détail est publié par chaque préfecture : celle de Loire-Atlantique a mis en ligne le 5 novembre la liste des mesures applicables au niveau modéré, avec la mise à l’abri obligatoire dans les communes en zone à risque particulier ou à risque de diffusion.
Hors de ces zones, rien n’oblige à enfermer les poules, mais la vigilance monte d’un cran partout. Le précédent de l’an dernier montre jusqu’où la situation peut aller en quelques semaines.
Quelles obligations selon le niveau de risque de grippe aviaire ?
Le dispositif français compte trois niveaux, et chacun déplace la frontière entre recommandation et obligation. Le tableau ci-dessous rassemble ce qui s’impose à une basse-cour à chaque niveau, d’après les préfectures de Loire-Atlantique et de Seine-Maritime.
| Niveau de risque | Basse-cour hors zone à risque | Basse-cour en zone à risque particulier | Dernière application |
|---|---|---|---|
| Négligeable | Biosécurité de base, déclaration en mairie | Biosécurité de base, déclaration en mairie | Printemps à automne 2026 |
| Modéré | Pas de confinement imposé | Mise à l’abri ou filets, rassemblements interdits | Depuis le 5 novembre 2026 |
| Élevé | Mise à l’abri de toutes les volailles | Mise à l’abri de toutes les volailles | Du 22 octobre 2025 au 26 avril 2026 |
La ligne du bas compte le plus pour les mois qui viennent. À l’automne 2025, l’arrêté du 21 octobre avait imposé la mise à l’abri des volailles de toutes espèces sur tout le territoire, particuliers compris, avant un retour au niveau modéré le 26 avril 2026 seulement.
Six mois de confinement, c’est l’ordre de grandeur à anticiper si le risque remonte encore. La question pratique devient donc celle de l’abri lui-même, et de ce qui le rend efficace.
Comment mettre ses poules à l’abri sans les rendre malades ?
Mettre ses poules à l’abri, c’est empêcher tout contact avec les oiseaux sauvages, leurs plumes et leurs fientes. Un poulailler fermé ou un parcours entièrement couvert d’un filet répond à l’obligation, qui vise en zone à risque particulier les détenteurs de moins de 50 volailles.
Le confinement a un coût que les guides oublient souvent. Des poules enfermées plusieurs mois s’ennuient, se piquent entre elles et salissent vite leur litière : un parcours réduit mais entièrement couvert vaut mieux qu’un poulailler fermé jour et nuit, pour peu qu’aucun oiseau sauvage ne puisse s’y glisser.
Le reportage ci-dessous montre comment des particuliers s’y sont pris lors d’un précédent épisode, avec des moyens simples et peu coûteux.
L’abri ne fait pas tout : le virus entre aussi par les bottes, les mains et le matériel. C’est là que se jouent les gestes du quotidien.
Les gestes de biosécurité qui protègent un poulailler
Le vétérinaire Alexis Kiers, spécialiste de la médecine des volailles, résume la biosécurité d’une basse-cour en quelques règles faciles à tenir chaque jour, valables quel que soit le niveau de risque :
- placer tout nouvel oiseau en quarantaine au moins 15 jours avant de le mêler au groupe ;
- poser l’eau et la nourriture à l’abri, ou sous un filet, pour qu’aucun oiseau sauvage n’y accède ;
- garder une paire de bottes et une tenue réservées au poulailler, et se laver les mains en entrant comme en sortant ;
- nettoyer puis désinfecter chaque semaine le poulailler et le petit matériel, l’eau de Javel convenant après un bon nettoyage ;
- ne jamais jeter un cadavre de volaille avec les ordures ménagères.
Le nettoyage avant la désinfection n’est pas un détail : un désinfectant perd son efficacité sur la matière organique, et la Javel versée sur une litière souillée ne protège presque de rien.
Ces règles visent un vecteur que l’on sous-estime volontiers, et qu’une enquête de terrain a permis de chiffrer.
D’où vient le risque pour des poules de jardin ?
Pour une basse-cour, le danger vient surtout des contacts, beaucoup moins de l’air. Une enquête de l’École vétérinaire de Toulouse menée de janvier à mars 2017 dans 70 basses-cours du Gers a montré que la présence de canards multipliait par cinq le risque de détecter un virus H5.
Le facteur le plus lourd était humain : une activité avicole professionnelle exercée par le propriétaire ou un proche multipliait ce risque par vingt. Environ 20 % des détenteurs avaient un tel lien, et 57 % seulement mettaient l’eau et l’aliment à l’abri, selon l’enquête rapportée par Réussir.
Dans le périmètre du premier kilomètre, la dissémination du virus par voie aérosol n’est somme toute pas facile.
Jean-Luc Guérin, professeur à l’École vétérinaire de Toulouse (chaire de biosécurité aviaire), à propos de l’enquête sur les basses-cours du Gers présentée au salon Space, propos rapportés par Réussir le 12 octobre 2018
En pratique, séparer canards et poules et ne pas passer d’un élevage à son poulailler sans changer de bottes protège davantage qu’une bâche posée à la hâte. Ces précautions ne servent toutefois que si l’administration sait que le poulailler existe.
Faut-il déclarer ses poules en mairie ?
Oui, la déclaration est obligatoire dès la première poule élevée en extérieur. Elle repose sur l’arrêté du 24 février 2006 relatif au recensement des oiseaux, se fait avec le formulaire Cerfa n° 15472 déposé en mairie, ou en ligne sur le site Mes démarches du ministère de l’Agriculture.
Les oiseaux détenus en permanence à l’intérieur en sont exclus : des perruches gardées en cage au salon n’ont pas à être déclarées. La liste tenue par la mairie sert surtout à prévenir les détenteurs quand un foyer apparaît à proximité, ce qui déclenche ensuite des mesures plus strictes dans un périmètre de 10 km.
Une poule qui meurt brutalement, ou plusieurs oiseaux morts en quelques jours, doivent être signalés sans délai à la direction départementale de la protection des populations ou à son vétérinaire. Les oiseaux sauvages trouvés morts, cygnes, canards, goélands ou rapaces, se signalent à l’Office français de la biodiversité, sans les manipuler.
La ponte sert d’indicateur : au-delà des polluants qui peuvent toucher les œufs de votre propre poulailler, des poules prostrées, aux plumes ébouriffées, qui cessent de manger sont le premier signe d’alerte décrit par Alexis Kiers.
Un hiver de migrations à surveiller
Les signaux venus du nord de l’Europe ressemblent à ceux de l’an dernier. Selon Réussir, l’Allemagne a déclaré deux foyers en élevage les 23 et 24 octobre, et les Pays-Bas ont confiné leurs volailles le 30 octobre, pendant que des cas sauvages se multipliaient au Danemark, en Norvège et au Royaume-Uni.
Le passage au niveau élevé dépendra des migrations des semaines qui viennent, et un poulailler prêt à être couvert en une journée évite de bricoler dans l’urgence. Entre un filet posé en novembre et des poules enfermées sans préparation en plein hiver, l’écart se mesure en bien-être des animaux autant qu’en sécurité sanitaire.

