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- Qu’est-ce que le tiers payant change pour une séance chez le psychologue ?
- Qui peut se faire rembourser des séances de psychologue avec Mon soutien psy ?
- Comment trouver un psychologue conventionné Mon soutien psy ?
- Combien coûtent réellement 12 séances chez le psychologue ?
- Les limites du dispositif avant de s’engager
- Douze séances pour commencer, pas pour tout régler
Pousser la porte d’un psychologue reste une démarche coûteuse pour beaucoup de foyers, et pas seulement sur le plan émotionnel. Depuis 2022, le dispositif Mon soutien psy permet pourtant de faire rembourser des séances par l’Assurance maladie, à condition de passer par un psychologue partenaire. Le principe tient en trois éléments : un tarif unique, une prise en charge partagée entre la Sécurité sociale et la complémentaire santé, et un nombre de séances plafonné chaque année.
À partir du 1er octobre 2026, une étape supplémentaire est franchie avec la généralisation du tiers payant sur la part de l’Assurance maladie, inscrite dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026. Plus d’un million de personnes ont déjà utilisé le dispositif depuis son lancement, et la fin de l’avance de frais doit en ouvrir l’accès à des patients qui renonçaient faute de trésorerie. Comment en profiter concrètement, combien cela coûte vraiment et dans quels cas la méthode atteint-elle ses limites ?
Qu’est-ce que le tiers payant change pour une séance chez le psychologue ?
Le tiers payant supprime l’avance des 30 € remboursés par l’Assurance maladie sur chaque séance facturée 50 €. Depuis le 1er octobre 2026, le psychologue partenaire est payé directement par la caisse : vous ne réglez plus que 20 €, ou rien si votre complémentaire santé pratique elle aussi le tiers payant.
Jusqu’ici, le patient payait la totalité de la séance puis attendait le remboursement de sa caisse, ce qui représentait 600 € à avancer sur une année complète de 12 séances. Selon le comparateur JeChange, qui détaillait la réforme le 21 septembre 2026, la part de la complémentaire, soit 40 % du tarif, reste à régler sur place lorsque la mutuelle n’a pas d’accord de tiers payant avec le praticien. Le geste change donc surtout pour ceux qui n’ont pas de complémentaire ou dont le contrat ne prévoit pas de paiement direct.
Certains patients bénéficiaient déjà de ce mécanisme avant la réforme, sans rien avancer du tout : les titulaires de la complémentaire santé solidaire ou de l’aide médicale de l’État, les personnes en affection de longue durée, les femmes enceintes à partir du 6e mois et les victimes d’un accident du travail. Reste à savoir qui peut entrer dans le dispositif, car toutes les situations n’y donnent pas droit.
Qui peut se faire rembourser des séances de psychologue avec Mon soutien psy ?
Toute personne d’au moins 3 ans qui traverse une souffrance psychique d’intensité légère à modérée peut en bénéficier, sans ordonnance d’un médecin. Le dispositif couvre jusqu’à 12 séances par année civile, avec un compteur remis à zéro chaque 1er janvier, en cabinet comme à distance. Quatre conditions doivent être réunies :
- avoir 3 ans ou plus, ce qui ouvre le dispositif aux enfants et aux adolescents ;
- présenter un mal-être, une anxiété ou des symptômes dépressifs d’intensité légère à modérée ;
- consulter un psychologue ayant signé la convention avec l’Assurance maladie ;
- ne pas relever d’une évaluation psychiatrique immédiate, ni d’un suivi psychiatrique déjà en cours.
La première séance prend la forme d’un entretien d’évaluation, suivi d’au maximum 11 séances d’accompagnement dans l’année. C’est aussi le moment où le psychologue vérifie que votre situation relève bien d’un suivi court, et pas d’une prise en charge plus lourde.
Les jeunes sont nombreux à franchir le pas : d’après l’Assurance maladie, 22 % des patients ont entre 12 et 25 ans. Si vous hésitez encore à parler de déprime ou de simple fatigue, les repères pour reconnaître la déprime et y faire face aident à situer ce que vous traversez avant de chercher un praticien.
Comment trouver un psychologue conventionné Mon soutien psy ?
L’annuaire officiel monsoutienpsy.ameli.fr recense les psychologues partenaires par commune, avec leurs modalités de consultation. Seuls les praticiens conventionnés appliquent le tarif de 50 € et le tiers payant : un psychologue hors dispositif fixe librement ses honoraires, et ses séances ne sont pas remboursées par la Sécurité sociale.
L’Assurance maladie comptait 7 280 psychologues partenaires au début de l’année 2026, un réseau qui s’étoffe au fil des signatures mais reste inégal selon les territoires. En pratique, appeler plusieurs cabinets de la liste permet de comparer les délais de rendez-vous, et de demander dès le premier contact si le praticien accepte aussi le tiers payant sur la part de votre mutuelle.
Le jour du rendez-vous, présentez votre carte Vitale ou l’application carte Vitale, comme chez un médecin : c’est elle qui permet au psychologue de facturer directement la part de l’Assurance maladie. Les remboursements apparaissent ensuite dans les décomptes de votre compte ameli, où vous pouvez vérifier le nombre de séances déjà consommées sur l’année.
Combien coûtent réellement 12 séances chez le psychologue ?
Douze séances représentent 600 € au tarif conventionné. L’Assurance maladie en rembourse 360 €, et la complémentaire santé prend généralement en charge les 240 € restants. Sans complémentaire, ce reste à charge pèse entièrement sur vous, à raison de 20 € par séance, comme le montre la comparaison ci-dessous.
| Situation | Payé le jour de la séance | Reste à charge par séance | Reste à charge sur 12 séances |
|---|---|---|---|
| Complémentaire avec tiers payant | 0 € | 0 € | 0 € |
| Complémentaire sans tiers payant | 20 € | 0 € après remboursement | 0 € |
| Sans complémentaire | 20 € | 20 € | 240 € |
| Complémentaire santé solidaire, ALD, grossesse dès le 6e mois | 0 € | 0 € | 0 € |
Le tarif de 50 € est fixe : aucun dépassement d’honoraires n’est autorisé dans le cadre du dispositif, ce qui rend le coût prévisible d’une séance à l’autre. La seule variable reste votre contrat de complémentaire, dont le tableau de garanties précise la prise en charge des séances de psychologue.
Ce calcul ne vaut cependant que pour les 12 séances annuelles, et c’est précisément là que le dispositif montre ses limites, sur la durée comme sur l’offre de soins.
Les limites du dispositif avant de s’engager
Douze séances ne suffisent pas à tout le monde. Les chiffres de l’Assurance maladie montrent pourtant un usage mesuré : 5,9 millions de séances ont été réalisées pour plus d’un million de patients, soit environ 6 séances par personne en moyenne. Au-delà du plafond, la poursuite du suivi se fait hors dispositif, au tarif libre du praticien.
Le frein le plus visible reste l’adhésion des psychologues eux-mêmes. Une large partie de la profession libérale refuse de signer la convention, jugeant le tarif trop bas et le cadre trop contraignant pour leur pratique, et le Syndicat national des psychologues appelle au boycott du dispositif depuis plusieurs années.
S’inscrire dans ce dispositif, c’est volontairement aller dans le sens d’une servitude.
Syndicat national des psychologues, communiqué consacré à Mon soutien psy, 6 novembre 2024
Le dispositif exclut enfin les troubles sévères, le risque suicidaire et les patients déjà suivis en psychiatrie, qui relèvent d’un médecin ou d’un psychiatre. Le profil des bénéficiaires dit aussi quelque chose des inégalités d’accès : 80 % sont des femmes et 79 % vivent en zone urbaine, là où les psychologues partenaires sont les plus nombreux.
Douze séances pour commencer, pas pour tout régler
L’Assurance maladie identifie trois obstacles principaux à la consultation : le coût, la peur du regard des autres et le manque d’information. Le tiers payant ne s’attaque qu’au premier, mais la demande progressait déjà avant la réforme, passant de 36 000 patients en septembre 2025 à 43 000 en octobre 2025.
Le véritable test des prochains mois portera sur l’offre : si le nombre de psychologues conventionnés ne suit pas la hausse attendue des demandes, les délais d’attente risquent d’annuler le gain de la suppression de l’avance de frais. Pour un mal-être qui s’installe, un premier entretien d’évaluation suffit souvent à y voir clair, sur l’intérêt d’un accompagnement court comme sur la nécessité d’une prise en charge plus longue.

