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Une bande-annonce mise en ligne au printemps, et la voilà devenue la vidéo promotionnelle la plus regardée de l’histoire du cinéma. Le teaser de Spider-Man : Brand New Day a franchi le milliard de vues, un seuil qu’aucun autre lancement de film n’avait atteint aussi vite. À trois jours d’une sortie en salles prévue le 31 juillet 2026, le quatrième volet solo porté par Tom Holland s’impose déjà comme un événement, avant même la première projection.
Une bande-annonce n’est pourtant, au départ, qu’un montage destiné à donner envie de voir un film. Celle-ci a changé de statut : elle est devenue un produit culturel à part entière, commenté, redécoupé et partagé par des dizaines de millions de personnes, y compris par des spectateurs qui n’iront peut-être jamais au cinéma. Comment un simple aperçu de deux minutes réussit-il à mobiliser autant de regards, et que dit ce record de nos façons de consommer l’image ?
Un record de vues qui change d’échelle
Le chiffre ne prend son sens que par comparaison. Dès ses premières vingt-quatre heures, la bande-annonce de Brand New Day a réuni 718,6 millions de visionnages, avant de dépasser le milliard en à peine quatre jours. Aucune vidéo promotionnelle de film n’avait jusque-là atteint un tel volume dans un délai aussi court.
Les autres géants de l’été font figure de poursuivants. La bande-annonce d’Avengers : Doomsday, dévoilée par Marvel le 20 juillet, a rassemblé 503 millions de vues en une seule journée, un score qui la place au deuxième rang des lancements les plus suivis, devant les 475 millions de la deuxième bande-annonce de Grand Theft Auto VI.
Pour Disney, le précédent record maison revenait à Deadpool & Wolverine, avec 365 millions de vues en un jour. Brand New Day a effacé ces repères en quelques heures, signe que l’appétit pour ces contenus a changé de dimension en deux ans à peine. Reste à comprendre ce que le film promet vraiment derrière ce raz-de-marée.
Ce que raconte ce nouveau départ
L’intrigue reprend quatre ans après les événements de No Way Home. Pour sauver ses proches, Peter Parker avait effacé son existence de la mémoire du monde grâce à un sortilège du Docteur Strange. Il combat désormais le crime dans un New York qui l’a oublié, sans allié pour partager son fardeau, alors qu’un adversaire que personne ne peut voir sème le chaos dans la ville.
Derrière la caméra, Marvel a confié le projet à Destin Daniel Cretton, réalisateur de Shang-Chi. Au casting, Tom Holland retrouve Zendaya, tandis que Jon Bernthal reprend le rôle du Punisher et que Mark Ruffalo prête de nouveau ses traits à Hulk. Le film introduit aussi le Scorpion, promettant d’élargir la galerie d’ennemis de l’homme-araignée. Cette densité explique une part de l’attente, mais elle ne suffit pas à décrire la mécanique du lancement.
Les ressorts d’un lancement hors norme
Un tel record ne tient pas au seul nom de Spider-Man. Plusieurs leviers, combinés, ont propulsé la vidéo au sommet des tendances mondiales :
- un dévoilement mis en scène comme un spectacle, Tom Holland ayant présenté la bande-annonce depuis l’Empire State Building illuminé aux couleurs du héros ;
- une campagne fragmentée, avec quantité de mini-extraits diffusés en amont pour entretenir l’attente pendant des semaines ;
- la puissance d’une franchise dont le précédent volet, No Way Home, a dépassé 1,9 milliard de dollars de recettes mondiales en 2021 ;
- un effet de démultiplication, chaque chaîne spécialisée et chaque réseau social reprenant, commentant et redécoupant la même vidéo.
Ces ingrédients ne sont pas propres à Marvel. Ils prolongent un mécanisme désormais familier, déjà éprouvé cet été par d’autres sorties : une vidéo capable de rassembler des dizaines de millions de vues en une seule journée. Le dernier film de Christopher Nolan avait ouvert la voie, une mécanique des vues record en une journée que le public connaît désormais bien.
Un nouveau départ, selon Tom Holland
Interrogé lors du dévoilement de la bande-annonce à New York, l’acteur a insisté sur la rupture de ton du film. Selon lui, Brand New Day ne se résume pas à un épisode de super-héros de plus : c’est le récit d’un jeune adulte qui se reconstruit après avoir tout perdu. Cette dimension intime tranche avec le vacarme promotionnel qui entoure la sortie.
Je trouve que le film ressemble, sur le plan du ton, à un nouveau départ. Ce que traverse Peter Parker après No Way Home est profond et unique dans le genre super-héroïque.
Tom Holland, à propos de Spider-Man : Brand New Day, entretien à l’Empire State Building, 20 mars 2026
La bande-annonce officielle, publiée sur la chaîne dédiée au personnage, condense en deux minutes et demie cette promesse d’un héros isolé. Une campagne étalée sur plusieurs mois avait préparé le terrain avant sa mise en ligne complète.
Ce soin apporté au lancement n’a qu’un objectif : transformer des centaines de millions de vues en billets vendus. Le succès d’une bande-annonce ne garantit pourtant pas celui d’un film, et les projections de démarrage restent le vrai test.
Des projections de démarrage au sommet de 2026
Les analystes du box-office ne s’accordent pas sur l’ampleur exacte du démarrage, mais tous le situent très haut. Le tableau ci-dessous récapitule les fourchettes avancées pour le premier week-end nord-américain, du 31 juillet au 2 août :
| Source | Fourchette de démarrage estimée |
|---|---|
| Deadline | 180 à 190 millions de dollars |
| Box Office Theory | 212 à 228 millions de dollars |
| Box Office Pro | 230 à 250 millions de dollars |
Même l’estimation la plus prudente ferait de ce week-end le meilleur démarrage de l’année 2026, devant Toy Story 5 et ses 159,6 millions de dollars, un cap qui éclipserait le récent démarrage record de L’Odyssée. À titre de repère, No Way Home avait ouvert à 260,1 millions de dollars sur le seul marché nord-américain en décembre 2021, avant de dépasser 1,9 milliard de dollars dans le monde.
Ce que ce record annonce pour les salles
Le milliard de vues d’une bande-annonce dessine un nouveau rapport de force : l’intérêt d’un public mondial se mesure et s’affiche désormais avant même la sortie, sur des plateformes qui récompensent l’attention immédiate. La vidéo courte est devenue le premier terrain de bataille des studios, bien avant la salle obscure.
Reste une inconnue que les compteurs ne tranchent pas : un visionnage gratuit n’est pas un billet payé. Le sort de Brand New Day, comme celui des blockbusters qui lui succéderont, se jouera sur sa capacité à convertir cette curiosité de masse en séances remplies pendant tout le mois d’août. La réponse tombera dès le premier week-end d’exploitation, quand les chiffres de fréquentation viendront confronter la promesse des vues.


