Révéler les sections Dissimuler les sections
Le lundi soir arrive au pire moment de la semaine, juste après le redémarrage, quand l’envie de sortir est au plus bas et celle de s’installer devant un écran au plus haut. Le programme télé, cette grille qui liste chaîne par chaîne ce qui sera diffusé et à quelle heure, reste alors le repère le plus rapide pour décider quoi regarder sans y consacrer un quart d’heure de recherche.
Ce repère a changé de nature. Les Français ont consacré 4 h 14 par jour aux contenus vidéo en 2025 d’après Médiamétrie, dont 61 % à la télévision au sens classique, live, replay et avant-première compris. Les 39 % restants relèvent du visionnage à la carte, sur les plateformes des chaînes, les services de streaming ou la vidéo en ligne. Trois ans plus tôt, ce partage était encore de 69 % contre 31 %.
Choisir sa soirée du lundi revient à arbitrer entre une grille imposée, qui décide pour vous, et un catalogue ouvert, qui vous laisse tout décider : l’un ne remplace pas vraiment l’autre. Comment s’y retrouver sans passer plus de temps à chercher qu’à regarder ?
Comment choisir son programme télé du lundi ?
Le plus simple reste de consulter la grille du soir avant de s’installer. Les applications de programme TV, disponibles sur Android, iPhone, iPad et navigateur, filtrent par chaîne, par genre ou par horaire, et la plupart proposent des notifications sur les émissions que vous suivez. Vous pouvez aussi préparer la soirée du lendemain dans la foulée. Vous y retrouverez systématiquement :
- la chaîne ;
- le nom de l’émission ou du film ;
- l’heure exacte de sa diffusion ;
- un résumé court pour vous donner une idée du contenu ;
- l’heure de fin, utile quand on travaille le lendemain.
Les programmes y sont classés par catégories, du sport à la culture en passant par la fiction, l’aventure ou l’histoire. Ce classement compte : la fiction représente à elle seule 74 % du temps de visionnage en avant-première sur les chaînes et 44 % en replay, selon Médiamétrie. Série et téléfilm restent le socle des soirées françaises, quel que soit le jour.
Reste que la grille ne dit rien de la qualité réelle de ce qui vous attend. Pour arbitrer entre deux propositions, mieux vaut savoir ce que les chaînes valent sur une année entière.
Ce que pèsent réellement les chaînes en début de semaine
Le classement annuel de Médiamétrie donne une photographie fiable des habitudes françaises, très stable d’un jour de semaine à l’autre. Il permet de situer chaque chaîne avant d’ouvrir la grille du lundi. Voici les cinq premières chaînes nationales sur l’année 2025, avec leur part d’audience et son évolution sur douze mois.
| Chaîne | Part d’audience 2025 | Évolution sur un an | Point fort |
|---|---|---|---|
| TF1 | 18,7 % | stable | 57 des 100 meilleures audiences |
| France 2 | 14,9 % | – 0,9 point | Sport et fiction policière |
| France 3 | 9,1 % | + 0,2 point | Téléfilms et documentaires |
| M6 | 7,9 % | + 0,1 point | Divertissement et gastronomie |
| Arte | 3,1 % | + 0,1 point | Record historique de la chaîne |
M6 conserve sa réputation de chaîne familiale grâce à ses émissions de divertissement et de loisirs, de la cuisine à l’immobilier, et grimpe même sur l’année. Amateurs de pâtisserie, de mode ou de décoration y trouvent leur compte. Mais l’écart avec TF1 reste de près de onze points, et France 3 s’est imposée en 2025 comme la surprise du classement avec ses téléfilms policiers.
Un autre bloc a bougé : les quatre chaînes d’information gratuites ont totalisé 9,1 % de part d’audience en moyenne annuelle, avec un pic à 10,6 % en octobre 2025. Le lundi soir, elles captent une part croissante des téléspectateurs qui ne se décident pas.
Choisir un programme quand on regarde en famille
La présence d’enfants change complètement l’équation. Le pictogramme de signalétique jeunesse affiché en début de programme et dans le coin de l’écran indique l’âge à partir duquel le contenu est adapté : c’est le premier réflexe à avoir avant de lancer quoi que ce soit. La règle pratique est simple, on choisit selon l’âge du plus jeune spectateur présent dans la pièce.
Films d’horreur, longs métrages d’action très soutenus, films de guerre ou récits particulièrement tristes sont à éviter un soir de semaine : ils font monter l’adrénaline et retardent l’endormissement, ce qui se paie le mardi matin. Une comédie ou une fiction légère remplissent la même fonction sans hypothéquer la nuit de toute la maisonnée.
Pour les plus jeunes, la question n’est pas seulement quoi regarder mais combien de temps. Les foyers français sont équipés à 94 % en smartphone et à 72 % en téléviseur connecté selon Médiamétrie, ce qui multiplie les écrans dans une même soirée. Couper les écrans une heure avant le coucher reste la mesure la plus efficace, et elle vaut aussi pour les adultes.
Quand le streaming prend le relais
Il arrive que la grille ne propose rien. Les plateformes deviennent alors la solution de repli, et elles ont changé d’échelle : Netflix, Disney+, Prime Video, Apple TV+ et leurs concurrents totalisaient 27 600 titres uniques fin 2025, en hausse de 31 % par rapport à 2022. MyCanal complète l’offre avec un catalogue de vidéo à la demande où un film récent se loue pour quelques heures à un tarif d’entrée de gamme, et Disney+ couvre le terrain de l’animation pour les plus jeunes.
Cette bascule n’a rien d’anecdotique. Six foyers français sur dix sont désormais abonnés à au moins une offre payante, bouquet de chaînes ou service de streaming, soit 8 points de plus qu’en 2021. La direction de Médiamétrie y voit une transformation durable des usages plutôt qu’un effet de mode.
Aujourd’hui, l’offre vidéo payante s’est installée dans le quotidien des Français.
Laurence Deléchapt, directrice TV et Cross Médias de Médiamétrie, lors de la présentation de l’Année TV / Vidéo 2025, le 21 janvier 2026
Les plateformes ne servent pas qu’à combler un vide. Elles permettent aussi de voir une série en avant-première de sa diffusion hertzienne, ou de rattraper un épisode manqué. Sur ce terrain, revoir un programme en rattrapage se fait aujourd’hui sans rien débourser sur les plateformes des chaînes. La TNT, elle, a diversifié son catalogue avec des films plus récents et reste au contact de 69,1 % des Français chaque jour.
Comment trouver le meilleur programme télé
Chaînes généralistes et thématiques proposent une offre pléthorique : films, séries, émissions, talk-shows, journaux et documentaires accessibles à tous, avec des programmes jeunesse calés sur le rythme scolaire. Reste à trancher, et rien ne remplace la comparaison directe des grilles. Le meilleur programme TV se repère en confrontant deux ou trois propositions, pas en ouvrant la première chaîne venue.
Les sites consacrés à la programmation affichent souvent un avis des spectateurs ou des indications éditoriales qui aident à départager deux titres. C’est une manière d’arbitrer en connaissance de cause, seul ou au vote familial. La télévision garde d’ailleurs une longueur d’avance sur ce terrain : 72 % des Français la regardent chaque jour, soit 45,6 millions de personnes, contre 17 % pour le streaming payant.
Si la soirée s’annonce longue, l’écran n’est pas obligé d’occuper tout l’espace. Un bon aménagement du salon pour les films change souvent davantage l’expérience qu’un changement de chaîne.
Un bon livre ou des jeux de société
La grille du lundi ne convainc pas toujours, et ce n’est pas un problème. D’autres loisirs partagés tiennent la comparaison sur une soirée de semaine, sans écran ou presque, dans une maison où tout le monde se lève tôt. Trois options reviennent souvent :
- les jeux de société, dont certains se jouent à distance avec des proches qui ne sont pas là ;
- la lecture, qui redevient un moment collectif dès qu’un coin lecture est aménagé à la maison ;
- un livre choisi avec les enfants, sujet sur lequel trouver un titre adapté à un enfant de 5 ans demande quelques repères.
Le paysage vidéo n’a jamais été aussi fourni, et pourtant les soirées gardent la même durée. Les plateformes des chaînes ont doublé leur offre en un an pour atteindre 9 000 titres uniques fin 2025, ce qui déplace la difficulté du manque vers le trop-plein. La vraie question du lundi soir n’est plus de savoir ce qui passe, mais ce qu’on a envie de faire de ces deux heures.


